Et si les animaux se distrayaient grâce à l’Homme ?

Oyez, Oyez ! Chers ours, chères girafes, chers requins, chers éléphants, chères otaries !
Un spectacle unique à voir en famille. Venez assister à la représentation effectuée par le cirque Bouc-Lionne. Vous pourrez y découvrir notre nouveau spectacle d’humains vivants.
Venez admirer des spécimens uniques en Europe ! Entrée libre à toutes les lapines accompagnées de plus de quatre lapereaux.

planete-des-singes

Nous avons pu rencontrer en exclusivité Monsieur Bouc et Madame Lionne qui ont bien voulu répondre à nos questions :

Comment parvenez-vous a vous faire obéir de l’homme ?

La plupart est docile. Pour les plus récalcitrants, on leur passe deux cordes autour du cou et on en utilise une troisième pour les diriger dans leurs exercices. Parfois, ils se débattent. Alors on est obligés de les «raisonner». Parfois, on leur casse une dent ou on leur déforme la tête à cause des coups, mais dans l’ensemble cela reste assez rare. On prend soin de nos hommes !

Comment sont-ils transportés ?

Vous comprenez bien qu’il ne suffit pas de les tenir en laisse, se sont des hommes sauvages après tout ! Comme notre ménagerie est assez grande, nous sommes obligés d’utiliser des cages parmi les plus petites. Et comme pendant le transport les cages bougent, au début, on pouvait nous suivre à la trace à cause du foin qui tombait. Alors on a décidé d’enlever le foin pendant le transport et du coup ils ne restent que 6 à 8 h dans leurs excréments.

Comment les nourrissez vous ?

Quand on passe dans les villages, les boucheries charcuteries nous offrent généreusement les pièces de viandes qui sont impropres à notre consommation. Le monde itinérant étant peu riche, nous devons faire des économies : on leur octroie donc une gamelle d’eau par jour. Les jours où ils ne peuvent pas avoir de viande, on leur donne une bassine remplie de carcasses d’humains, ils en raffolent !

A partir de quel âge commencez-vous à dresser vos hommes ?

Le dressage ne devrait commencer qu’aux premiers pas de l’enfant (le petit de l’homme, ndlr), mais certains spécimens peuvent commencer à travailler dès qu’ils ont trois mois. Parfois même déjà à cet âge là, on est obligés d’utiliser la barre de fer pour se faire obéir tellement ils peuvent être sauvages.

D’où viennent vos hommes ?

Les mairies nous obligent à justifier de la captivité des hommes sur plusieurs générations.
Mais bon, on ne va pas se mentir, certains ont été ramassés dans la rue. Parfois on fait même une bonne action : quand on en trouve un attaché à un arbre, on l’intègre à la ménagerie. On lui offre une seconde famille ! Cependant, en règle générale, nos hommes sont nés en captivité et cela depuis que nos législateurs leur ont accordé le statut d’objet dans notre droit civil.

zoo53

Le méchant requin ?

requin

La mauvaise image que l’on donne des requins ne date pas de la quadrilogie des « Dents de la mer ». Elle lui est même bien antérieure, sans doute à cause de leurs ancêtres retrouvés fossilisés depuis des siècles, que l’on a longtemps attribué à d’effrayants monstres dévorant tout sur leur passage. Et leurs nombreuses rangées de dents, qui en font effectivement de redoutables prédateurs, n’y sont pas pour rien. Mais l’Homme, pas plus que n’importe quel autre grand singe, ne fait pas partie du menu préféré des squales. Plus important encore, les requins faisant partie de notre écosystème, ils sont un maillon essentiel de la chaîne alimentaire.

L’idée reçue la plus répandue, selon laquelle le Grand Blanc est un mangeur d’hommes, largement diffusée avec le film sus-cité, n’est en réalité qu’une grave erreur, dûe, comme souvent chez l’Homme, à sa méconnaissance.

En effet, on n’a recensé en moyenne qu’une cinquantaine d’attaques par an de par le monde, et elles sont rarement mortelles. L’alcool, la drogue, le tabac, les transports font bien plus de victimes quotidiennement ! D’autre part, un requin qui attaque un Homme est le plus souvent trompé par la silhouette de ce dernier : vous n’êtes pas sans savoir que la plupart du temps, il confond celle d’un homme sur sa planche avec celle d’une otarie, qui, elle, fait effectivement partie de son alimentation. Enfin, le museau du requin est doté d’un très grand nombre de capteurs, notamment réceptifs au sang. Il suffit d’une petite blessure pour aiguiser l’appétit du squale. Mais, étant donné qu’il sillonne rarement les côtes de nos pays, les rencontres sont rares, et, conséquence directe, les attaques le sont encore plus.

20070326_sharkfinning_head

Mais comme tout est bon pour faire de l’argent, des pêcheurs pratiquent ce que l’on appelle le « Shark Finning » : une fois le requin pêché, on lui découpe à vif les ailerons, avant de le relâcher, sans prendre la peine de l’achever. Le requin plonge alors au fond de l’eau, et il agonise. Sans doute sait-il que sa mort est inéluctable : sans nageoire, sans aileron, impossible de se déplacer, de brasser de l’eau, d’en faire rentrer dans la gueule, et d’en absorber l’oxygène.

Et sans une once de remords, ces pêcheurs revendent ces ailerons à prix d’or, pour en faire des mets aphrodisiaques ou des pilules améliorant la vigueur sexuelle. Regardez « Les Seigneurs de la mer », vous y verrez leur sourire répugnant de satisfaction.

Pensez-y lorsque vous commanderez une soupe d’ailerons de requin au restaurant chinois, ou que vous paierez votre place pour « admirer » les spectacles de requins vivants, ballotés dans toute la France dans un camion.

requins_affiche_250